A propos

Point de départ

A l’origine de cette réflexion sur l’intérêt général, il y a un faisceau de motifs, d’expériences et de circonstances très divers : des cours de philosophie du langage donnés aux étudiants du Master Pro « Médiation dans les organisations », dirigé par Jean-Claude Bourdin à l’Université de Poitiers (2003-2005) ; une participation au Forum Initiatives Climat, organisé par la Région Poitou-Charentes ; une observation du Budget participatif des lycées, mis en place également par la Région Poitou-Charentes ; la coordination, sur la base d’un bilan carbone, d’une démarche de développement durable au Lycée Ernest Pérochon (Parthenay) sous la direction d’Evelyne Azihari ; je pourrais ajouter évidemment une liste de livres, tout spécialement ceux de Peter Sloterdijk ; plus globalement, après 9 ans passés à l’étranger (Allemagne et Cameroun), le retour vers la politique française et la série de ces constats médiatiquement partagés : crispation des positions et des discours (êtes-vous de droite ou de gauche ?), simulacre de réflexivité dans les administrations (et en particulier dans l’Education nationale), moralisation des postures au nom de valeurs « citoyennes », multiplication des poulies intellectuelles qui tournent à vide, pour reprendre l’image de Wittgenstein, comme l’invocation de l’intérêt général, la sacralisation du service public, la vénération de la culture, la modernisation de l’Etat. Si j’avais à résumer l’intention qui commande L’affaire de tous, je dirais : dans cette situation politique française franchement peu captivante et même inquiétante si on songe aux messages que les jeunes générations ne cessent d’en percevoir année après année, quels peuvent être les moyens conceptuels de construire un lieu où il soit possible de respirer politiquement, de se libérer des espèces invasives que sont l’économie et la morale, de justifier le clivage alors qu’il y a consensus, de refuser le conflit qui ne mérite pas d’être mené, et finalement d’être politiquement « pour » et non pas seulement « contre » ?

Je dois infiniment à Jean-Claude Bourdin, à Anita Molinero, et à David Jadaud pour la conception, l’écriture, et la mise au point de ce texte.